Les droits linguistiques et la loi 96

Juillet 2022

                    Si vous vivez dans la province de Québec, vous avez probablement entendu parler de la nouvelle loi 96, récemment adoptée par le gouvernement du Québec, qui vise à renforcer la précédente loi 101 adoptée en 1977. La loi 101, connue également sous le nom de Charte de la langue française, a été initialement adoptée pour protéger la langue française au Québec en désignant le français comme langue officielle de la province. Si l'histoire de la loi 101 a connu plusieurs critiques, la nouvelle loi 96 a également été très controversée, bénéficiant à la fois d'un soutien enthousiaste et de critiques sévères de la part des diverses communautés linguistiques du Québec. Comme la loi 96 cherche à renforcer certaines des conditions de la loi 101 et à ajouter de nouvelles restrictions concernant l'utilisation de l'anglais et d'autres langues minoritaires au Québec, elle a déclenché de nombreuses réactions au sein des communautés anglophones, autochtones et immigrantes. Voyons comment le nouveau règlement affectera la vie quotidienne des immigrants, et comment la langue et les droits linguistiques sont essentiellement liés au succès et à l'acceptation des immigrants dans la belle province.   


L'histoire des langues au Québec et au Canada   

                     Pour comprendre la situation actuelle, il faut connaître l'histoire des droits linguistiques au Québec et au Canada. Le français a été l'objet de nombreuses luttes au cours des six derniers siècles, et ce dès le début de la colonisation britannique et française de ce territoire. À travers de nombreuses guerres, traités, déclarations et fondations, le français a persisté, devenant la seule langue officielle de la province de Québec en 1977. Bien que l'anglais soit le plus souvent la langue principale utilisée dans les autres provinces, il existe également des communautés anglophones historiques au Québec, et même des quartiers entièrement anglophones dans les villes, comme Westmount à Montréal. Le Canada possède également l'une des populations de langues autochtones les plus diversifiées au monde, de nombreuses langues comme le cri, l'inuktitut et l'ojibway étant encore largement parlées aujourd'hui. Ces langues ont été historiquement marginalisées, supprimées et carrément interdites par le gouvernement canadien, ce qui a entraîné le génocide culturel des peuples autochtones. De plus, l'arrivée considérable d'immigrants a amené des centaines de nouvelles langues au Canada et au Québec au cours des dernières décennies. Certaines de ces langues ont maintenant une histoire de longue date au Québec, notamment l'arabe, l'espagnol, l'italien et le créole.

Tout cela pour dire que les droits linguistiques et l'accès aux langues au Canada sont une question complexe, et le projet de loi 96 a récemment mis en lumière la vulnérabilité de certaines communautés linguistiques. La question est donc de savoir si la loi 96 reflète vraiment ce que les Québécois de toutes origines veulent ? 


Comment la loi affectera-t-elle les immigrants au Québec ?

                     Parmi les nombreuses autres implications de la loi 96, il y en a une qui vise spécifiquement les immigrants et les nouveaux arrivants ici au Québec. En effet, les immigrants n'auront désormais accès aux services dans d'autres langues que pendant six mois après leur arrivée. À partir de ce moment-là, ils n'auront accès qu’aux services en français. Bien que les particularités de ces services essentiels n'aient pas encore été clairement définies, cette mesure a déjà suscité une inquiétude compréhensible dans les communautés linguistiques minoritaires de la province. Bien que le gouvernement québécois offre des cours de français gratuits à tous les nouveaux arrivants, la liste d'attente peut être longue, et même si vous pouvez être admis aux cours, six mois est-il vraiment suffisant pour apprendre une langue suffisamment bien ? De nombreuses personnes affirment que même avec cette offre, six mois ne suffisent pas pour être à l'aise dans les services juridiques, de santé ou d'éducation en français.

Bien que le gouvernement ait fait des déclarations pour tenter d'y remédier, il reste encore beaucoup de gens qui se demandent si leur capacité à accéder aux services de base sera limitée après l'adoption de cette loi. Le premier ministre du Québec a récemment déclaré qu'il souhaitait que la province ait davantage de contrôle sur l'immigration dans la province, en se concentrant sur les nouveaux arrivants qui sont déjà francophones. Cette déclaration et la loi nouvellement adoptée remettent à la fois en question les droits des immigrants, des réfugiés et des communautés linguistiques minoritaires dans la province.

Ayant nous-mêmes immigré, nous comprenons comment la langue peut affecter directement la réussite en tant qu'immigrant au Canada. Nous travaillons régulièrement avec des personnes qui ont fait de gros efforts pour apprendre, comprendre et vivre dans un environnement francophone, et qui ne sont toujours pas en mesure d'atteindre leurs objectifs professionnels en raison d'une barrière linguistique. Cela nous amène à nous demander si le fait d'imposer des lois strictes sur l'utilisation de la langue est vraiment la meilleure façon d'avoir une province florissante, socialement, culturellement ou économiquement ? Bien que la préservation des droits linguistiques soit certainement importante, ne devrait-elle pas s'étendre à toutes les communautés, y compris les communautés historiquement anglophones, les communautés de langue autochtone et les communautés de langue minoritaire et d'immigrants ? Il s'agit certainement d'une situation compliquée, qui ne trouvera probablement pas de solution unifiée de sitôt. Cependant, en parler et engager la discussion est un bon point de départ.

En savoir plus sur la loi 96  

En savoir plus sur la loi 101
 

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